PHOTO DE FICHIER : Cuba s'efforce de rétablir l'électricité après que son réseau se soit effondré pour la deuxième fois en une semaine, en raison d'un blocus pétrolier américain
Le président américain Donald Trump a semblé dimanche soir assouplir l'embargo sur le pétrole qu'il a imposé pour Cuba, disant n'avoir aucun problème avec le fait qu'un pays achemine du brut vers l'île des caraïbes, alors qu'un pétrolier russe devait arriver lundi pour apporter une livraison cruciale.
D'après des données de suivi des navires, un pétrolier russe faisant partie de la "flotte fantôme" de Moscou se trouvait dimanche dans les eaux au large de la côte orientale de l'île. L'agence de presse officielle Cubadebate a rapporté que le pétrolier devait arriver lundi au port de Matanzas.
La crise économique à Cuba, où vivent 10 millions de personnes, a été amplifiée par l'embargo sur le pétrole vénézuélien imposé par l'administration Trump, qui a également menacé par le passé d'instaurer des droits de douane contre tout pays qui vendrait du pétrole à l'île caribéenne. Le Mexique, autre fournisseur important, s'est depuis lors abstenu.
Plus tôt ce mois-ci, La Havane a dit n'avoir plus reçu de pétrole depuis trois mois, indiquant n'avoir d'autre choix que d'imposer des restrictions sur l'utilisation d'énergie qui, ajoutées aux pannes du réseau électrique cubain, ont mis l'économie locale quasiment à l'arrêt.
Les autorités sanitaires cubaines ont également prévenu que la pénurie d'énergie augmentait les risques de mortalité pour les patients atteints de cancer, en particulier les enfants.
"CUBA EST FINIE, UN BATEAU AVEC DU PÉTROLE NE CHANGERA RIEN"
Donald Trump, qui a récemment menacé de s'"occuper" de Cuba une fois la guerre en Iran terminée, a exprimé dimanche soir de la sympathie pour le peuple cubain et déclaré qu'il n'était pas inquiet que l'arrivée de pétrole profite au gouvernement communiste de l'île, dont il a prédit la chute imminente.
"Si un pays veut envoyer un peu de pétrole à Cuba maintenant, je n'ai aucun problème avec ça, que ce soit la Russie ou non", a-t-il dit à des journalistes à bord de l'avion présidentiel Air Force One le ramenant à Washington.
"Cuba est finie. Ils ont un régime mauvais. Ils ont des dirigeants très mauvais et corrompus. Qu'ils reçoivent ou non un bateau avec du pétrole, ça ne changera rien", a-t-il ajouté.
"Je préfère le laisser entrer, que ce soit la Russie ou un autre, parce que les gens ont besoin de chauffage et de climatisation et de toutes les autres choses dont on a besoin".
Les données LSEG de suivi des navires montrent que le pétrolier russe Anatoly Kolodkine a quitté le port russe de Primorsk avec quelque 650.000 barils de pétrole. D'autres informations font état d'une quantité de 730.000 barils.
Cette arrivée du pétrolier russe a été décrite par Cubadebate comme un défi à l'égard de l'embargo imposé par les Etats-Unis, alors que le pétrolier a été escorté par la marine russe dans La Manche au cours de sa traversée vers les Caraïbes.
Le New York Times, citant un représentant américain au fait de la question, a rapporté que les garde-côtes américains ont autorisé le pétrolier sanctionné à naviguer vers Cuba, sans être en mesure de préciser la raison.
Washington a décidé plus tôt ce mois-ci d'assouplir temporairement les sanctions pétrolières contre Moscou afin de favoriser l'approvisionnement mondial de pétrole en parallèle à l'absence de traversée du détroit d'Ormuz en raison de la guerre en Iran, tout en prévoyant des exceptions pour empêcher des transactions impliquant notamment Cuba.
Dans la foulée de l'intervention militaire américaine au Venezuela début janvier lors de laquelle le président Nicolas Maduro a été capturé, Donald Trump avait bloqué les livraisons de pétrole vénézuélien vers Cuba, accentuant les pressions destinées à ce que La Havane scelle un accord avec Washington.
Le président américain a déclaré ce mois-ci qu'il prendrait le "contrôle" de Cuba d'une manière ou d'une autre, ajoutant pouvoir faire tout ce qu'il voulait avec l'île. Il a prévenu La Havane de conclure un accord "avant qu'il ne soit trop tard".
(Steve Holland à bord d'Air Force One, avec Dave Sherwood à La Havane, Daniel Trotta, Marianna Parraga; version française Jean Terzian)

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